Faire chauffer son V-Twin.
Sur un moteur bicylindre en V de forte cylindrée unitaire, qui plus est refroidi par air, le temps de chauffe du moteur est extrêmement important pour la longévité mécanique. Un moteur maltraité à froid consommera de l’huile et durera moins longtemps. Si vous aimez votre moto n’oubliez pas les préliminaires !
L’ensemble cylindre/piston d’un moteur peut consommer pas mal d’huile (de 0,75 à 1 litre aux 1.000 km) pendant le rodage et sur les 15 à 20.000 premiers kilomètres.
Pour réduire cette consommation d’huile au minimum, il est nécessaire de bien laisser chauffer le moteur et de ne surtout pas “tirer dedans” à froid.
Après avoir lancé le moteur, il est préférable de le laisser tourner à l’arrêt pendant quelques minutes (entre une et cinq selon la température extérieure).
Sur les moteurs équipés d’un accélérateur de ralenti (dit « starter » ou « choke »), il faut tirer le starter à fond, juste pour démarrer, puis le couper quand le régime de ralenti passe les 1.000 tours/minute (c’est-à-dire 1.500 à 2.000 tr/min avec le starter).
Le ralenti idéal est à 1.100 tr/min , avec une marge de tolérance de +/- 100 tr/min.
En gros, si votre moto dort à l’abri, démarrez, laissez tourner le temps d’enfiler les gants et le casque, et partez en douceur.
Si la moto a été exposée aux basses températures nocturnes, surtout en hiver, laissez chauffer trois à cinq minutes.
Il ne faut pas laisser tourner à l’arrêt un moteur à refroidissement par air car il n’est refroidi que par le mouvement du véhicule.
Il faut également éviter à tout prix les sous-régimes, extrêmement destructeurs sur ce type de moteurs à forte cylindrée unitaire. En-dessous de 800 tr/min au point mort, le moteur cogne, c’est vraiment mauvais pour sa longévité.
Laissez-le tourner 30 secondes (éventuellement avec le starter sur les 1100 et 1150), même si vous avez l’impression que le moteur « crie » un peu.
Il vaut mieux un léger et court sur-régime qu’un sous-régime qui dure.
De même, ce n’est pas parce que l’huile moteur et le bas moteur sont chauds que l’ensemble de la moto est à température de fonctionnement. Si vous laissez votre moto tourner pendant 15 minutes à l’arrêt, les cylindres seront chauds, mais pas toute la chaîne cinématique, notamment la transmission primaire et secondaire. Sans parler des pneus qui sont tout aussi froids et vont mettre quelques minutes à acquérir leur adhérence maximale. Mieux vaut donc à y aller « mollo ma non troppo ».
Il faut apprendre à rouler « à l’oreille », écouter son moteur, on entend s’il est à l’aise ou pas.
A l’inverse, il faut veiller à ne pas faire surchauffer le moteur (en restant à un ralenti élevé à l’arrêt ou dans des bouchons en été). Une surchauffe du moteur pourra entraîner un claquage du joint de culasse. A l’arrêt, la montée en température très élevée du filtre catalytique peut provoquer la combustion des matières inflammables situées à proximité, si vous stationnez au-dessus de feuilles mortes, par exemple.