Comment vérifier et remplacer les bougies de moto.

Le fonctionnement des bougies conditionne la santé, la puissance, la consommation et l’agrément du moteur. Leur vérification fait partie de l’entretien courant. Enfin, leur aspect donne un aperçu très précis des réglages et de l’usure du moteur. Le démontage et remontage d’une bougie est donc moins anodin qu’il n’y paraît.
Avant de démonter une bougie, il est indispensable de nettoyer ses abords pour éviter que des saletés pénètrent dans le puit de bougie et donc dans les cylindres (nettoyage au pinceau recommandé). Repérer ensuite les fils haute tension pour ne pas les intervertir au remontage.
Dévisser la bougie en tenant la clé bien dans son axe, et les ranger pour savoir de quel cylindre elles proviennent. L’usure de la bougie est déterminée par l’état de ses électrodes. Propre, ni fondue, ni creusée la bougie est OK et peut être remontée telle quelle. Attention, une bougie ne se nettoie pas à la brosse dite « à bougie » mais au papier à poncer très fin N° 400 ou 600, puis au pétrole pour enlever les poussières abrasives. Un jet d’air comprimé final complètera un nettoyage parfait.
Au remontage, graisser le filetage avec une graisse cuivre très haute température pour éviter les grippages. Parfaire le serrage angulaire de 90°, soit un quart de tour. Votre bougie se retrouve ainsi dans les meilleures conditions pour assurer son étincelle.
 
Quel est le rôle d’une bougie?
Avant de rentrer dans le vif du sujet, voyons un peu le rôle de la bougie.
Placée dans la culasse, celle-ci débouche directement dans la chambre de combustion. Elle est reliée à la bobine d’allumage par un fil haute tension. Soumise à des impulsions électriques, elle devra provoquer un arc électrique entre ces électrodes. Cet arc électrique enflamme le mélange gazeux comprimé dans la chambre de combustion. La bougie assure donc l’allumage du mélange air/essence, et cela de façon régulière et fiable.
 
 
Composition d’une bougie:
Sous un aspect très élémentaire, la bougie est composé de plusieurs éléments. Comme celle-ci permet le passage d’un courant haute tension, elle doit placée au milieu d’un isolant. Cet isolant est plus couramment appelé porcelaine. Cet porcelaine doit être parfaitement isolante, offrir une bonne résistance mécanique (pression élevée lors de la carburation ), et une grande résistance aux chocs thermiques (grande différence de température entre les gaz frais et les gaz en combustion).
Le culot en acier réfractaire reçoit l’isolant et est fileté de façon à pouvoir se fixer dans le puit de la bougie, sur la culasse. Plusieurs diamètre de filetage équipent la bougie et ceci en fonction de leur destination, nous utilisons pour nos machines un diamètre de 14mm. Le culot reçoit l’électrode de masse.
L’électrode centrale contient généralement du nickel chrome, auquel les constructeurs ajoutent des matériaux tels que le titane, le manganèse, etc… La liste n’est pas exhaustive.
 
Pourquoi ne met-on pas n’importe quelle bougie?
Chaque bougie se différencie, entre autre par son indice thermique et par son culot.
Pour fonctionner correctement, la bougie doit être à une température comprise entre 400° et 850°.
En dessous de la valeur inférieure, elle n’atteint pas sa température d’auto nettoiement et le bec isolant s’encrasse, ce qui risque de créer un court circuit entre l’électrode et le culot.
Au delà de la valeur supérieure, l’électrode trop chaude constitue un point chaud, ce qui risque d’allumer le mélange gazeux sans la présence de l’étincelle. C’est ce qu’on appelle le pré-allumage. Ce phénomène a généralement des conséquences relativement grave pour le moteur et la bougie elle même.
L’indice thermique d’une bougie consiste dans la capacité à évacuer la chaleur vers la culasse, via le culot. Cet indice est une valeur de comparaison obtenue sur un moteur d’essais et constitue une norme.
Le culot d’une bougie peut être soit court soit long cela dépends de votre culasse.
Une bougie à culot long ne peut pas être utilisé à la place d’une bougie à culot court, et inversement.
 
Bougie froide ou bougie chaude?
Vous avez tous entendu parler de bougie froide et de bougie chaude. Une bougie froide est une bougie qui évacue bien les calories, et une bougie chaude les évacue moins biens.
L’importance est de bien comprendre que le fait de mettre une bougie froide sur un moteur ne le fera pas mieux fonctionner, au contraire. Il faut simplement que l’indice thermique de la bougie correspondent aux caractéristiques du moteur. Cet indice est sensible à plusieurs paramètres, le régime de rotation du moteur, le rapport volumétrique, le point d’avance, le coefficient de remplissage…
Pour vous donnez une idée, un moteur d’origine nécessite un indice thermique compris B8 et B9.
En imaginant que pour la compétition, vous mettez un cylindre avec des diagrammes élevés, un taux de compression plus élevé, un échappement plus performant, le régime de rotation augmente, la puissance augmente, et le moteur chauffe plus. Vous allez devoir utilisez une bougie plus froide.
L’indice thermique est donc B10.
Les appellations des bougies par « chaude » ou « froide »:
Une bougie chaude absorbe rapidement la chaleur et la conserve tant que le moteur tourne. Sa température de fonctionnement est relativement très élevée. Elle assure des départs aisés. Elle n’est donc pas recommandée pour les moteurs tournants à haut régime et à des vitesses élevées.
Une bougie froide évacue rapidement la chaleur et évite le pré-allumage. Son gros inconvénient c’est qu’elle s’encrasse rapidement à petite allure. Elle est donc recommandée pour les moteurs performants.

L’utilisation de bougies appropriées est très importante pour le tuning moteur. Il existe des bougies avec des taux de température variable selon les modèles.
Exemple : une bougie ngk B10ES est une bougie froide car elle transmet mieux la chaleur sur la culasse qu’une bougie chaude(ngk B8ES).
Si tu choisis une bougie trop froide, elle n’atteindra pas la température requise pour l’auto nettoyage ; et il en résultera une carbonisation permanente de la bougie et des ratés à l’allumage.
Une bougie trop chaude mène à une surchauffe du cylindre et peut aussi trouer le piston, à cause de sa température trop élevée.

Pour commencer, le mieux est d’utiliser la référence de bougie indiquée par le constructeur.
Si vous utilisez votre moteur par temps froid, sur de petits trajets, et que vous voyez que votre moteur a du mal à chauffer et tourner correctement : mettez une bougie un peu plus chaude (un indice plus bas). Votre moteur tournera mieux durablement : peu de calamine se formera dans la chambre de combustion, la qualité des étincelles étant meilleure.
Si au contraire, vous roulez l’été n’hésitez pas à mettre une bougie plus froide d’une unité. Votre combustion sera meilleure. Les performances aussi. L’électrode de la bougie ne fondra pas.