
Conseils pour entretenir et nettoyer son bike.
Au-delà du simple aspect esthétique, le nettoyage fait partie de l’entretien.
La corrosion peut ruiner une moto en un rien de temps (quelques semaines), réduire considérablement sa valeur marchande, rendre difficile et désagréable son entretien et, dans les cas extrêmes, en faire une machine dangereuse à piloter. La base de tout entretien sérieux et régulier sera donc un nettoyage également régulier.
Nettoyer ne veut pas dire répandre un ou deux seau(x) d’eau savonneuse tous les quinze jours sur la moto. Un nettoyage doit être complet, il faut visiter tous les coins et recoins pour en éliminer les saletés ramassées sur la route.
Nettoyer à fond apporte un autre avantage au fait d’avoir simplement une belle moto. Il permet d’avoir l’oeil partout et de détecter les défauts autrement peu évidents : câbles entamés, isolants usés par le frottement, petites fuites d’huiles ou d’essence, attaques de rouille potentiellement dangereuses, pour ne citer que quelques exemples.
Une moto qui roule tous les jours reçoit inévitablement sa dose de projections diverses qui se déposent un peu partout en une mixture corrosive pour les surfaces peintes ou métalliques. La couche de crasse constitue une pellicule qui capte et stocke l’humidité, ce qui accélère la corrosion. Au niveau des ailettes de cylindres ou du radiateur d’huile, trop de saletés peut compromettre le refroidissement du moteur.
Un nettoyage soigné permet par ailleurs de repérer les fuites et les pièces défectueuses avant la panne, une garantie de plus contre l’usure prématurée. Bien effectué, il bénéficie à la longévité de la moto ; mais opéré sans ménagement, il peut accélérer l’usure de certains éléments ou provoquer des pannes.
Conseils généraux.
Si vous voulez faire un travail correct et complet, déposez la selle, le réservoir et les carénages, les panneaux latéraux, etc. qui peuvent être nettoyés séparément, afin d’avoir accès aux parties du cadre qu’ils masquent.
Lavez à fond l’ensemble de la moto en prenant soin que l’eau ne se répande pas trop sur les parties électriques, ni à l’intérieur du filtre à air. Au besoin, recouvrez-les d’une feuille plastique.
Nettoyez surtout les parties de l’échappement que vous ne voyez pas bien. Une accumulation de saletés y accélérerait la détérioration d’un système déjà sensible à la corrosion en temps normal.
Le nettoyage des ailettes de culasses et de cylindres est un exercice pénible, mais il existe des brosses spéciales pour ce genre de travail. Le cambouis ou l’huile sont difficiles à atteindre en des endroits comme les ailettes de cylindre. On peut employer un jet d’eau sous pression si, auparavant, on a dilué les dépôts avec un dégraissant spécifique appliqué au pinceau.
L’étape suivante consiste à rincer la machine à l’eau froide. Cette opération est plus facile si l’on dispose d’un jet d’eau. Pour faire briller la peinture, laisser égoutter, puis passer une peau de chamois.
Quelques conseils préalables.
Il faut dans la mesure du possible laver la moto à l’ombre.
Le soleil chauffe la peinture et fait sécher les produits plus vite, ce qui laisse des traces (de savon ou autres composants) qu’il faut ensuite enlever en frottant, avec le risque d’user ou de rayer le vernis.
Dans l’idéal, mettre des cartons d’emballage sous la moto qui retiendront l’eau sale et filtreront les graisses et cambouis.
Tâchez de vous installer près d’une évacuation d’eau pour recueillir les écoulements sans les laisser partir dans la nature qui ne vous a rien fait. Même si tous les produits sont biodégradables à au moins 90% (selon la norme européenne), leur élimination doit se faire par les canalisations domestiques qui aboutissent dans une station d’épuration ou une fosse « toutes eaux ».
Pour diminuer les doses de produits utilisés, employez des lavettes et des chiffons en micro-fibres, très efficaces et lavables en machine à 90°C, à trouver au rayon accessoires ménagers de nettoyage.
Graisser ou huiler le contacteur Neiman pour éviter que l’eau n’y entre.
D’abord passer un coup de jet d’arrosage ou d’éponge à grande eau, chaude de préférence, pour dépoussiérer et dissoudre les dépôts graisseux légers.
Moins il reste de poussière, moins il y a de risques de rayer soit le vernis, soit directement la peinture, en frottant.
Eviter toutefois de projeter de l’eau vers les éléments électriques: commodos, faisceau, carters d’alternateur et d’allumage, éclairage.
Pour laver la moto dans son ensemble, et plus particulièrement les parties de carénage et de métal peint, éviter les produits soi-disant « sans frotter »: pour être efficaces, il faut qu’ils soient agressifs, donc nocifs à long terme (autant pour votre moto que pour l’environnement).
Toujours lire les notices d’utilisation et ne pas fortement doser. Mieux vaut s’y reprendre à deux ou trois fois que de risquer d’abîmer un élément.
Utiliser deux éponges ou chiffons, une pour le haut de la moto (les parties les plus propres) et l’autre pour les zones très sales (jantes, sabot moteur, bas de carénage, bras oscillant). Les rincer fréquemment et abondamment pour qu’elles ne se chargent pas de particules abrasives.
Surtout pas d’éponge à grattoir, « grattounette », ni autre matériau agressif et/ou rayant.
Laver de haut en bas pour éviter de faire des micro-rayures par des particules venues du bas de la moto et que les coulures d’eau sale viennent salir les parties déjà lavées.
Aller du moins sale vers le plus sale.
Rincer au jet, pas trop puissant (l’idéal est le « moyenne pression »), puis à l’éponge pour bien enlever les traces de savon.
Pourquoi déconseiller le lavage à haute pression ?
Certes, c’est rapide, efficace et pas fatigant. Mais le jet d’eau chaude à haute pression fait se décoller les autocollants peu résistants et projette les saletés là où il ne faut pas, là où elles ne seraient pas allées sans y être poussées. Un jet haute pression appliqué trop près (moins de 50 cm) soulève les joints qui protègent les organes délicats de la moto (roulements de roue ou autres, maillons de chaîne, etc.) et sont censés garder la graisse à l’intérieur et la saleté au dehors. L’eau y chasse la graisse et la remplace par une mixture de poussières et de sable qui va ruiner les mécanismes. Sans compter que l’eau des stations de lavage à haute pression est en général mélangée à du savon dont les composants détergents vont venir oxyder les connexions électriques.
Le jet haute pression peut convenir pour le rinçage, à condition de rester à plus d’un mètre et de ne pas insister sur les endroits où l’eau pourrait s’infiltrer.
Terminer le travail à la peau de chamois (synthétique), une vieille serviette de toilette (en coton, pas en synthétique) ou au chiffon doux (non pelucheux) pour éliminer les traces de calcaire.
Après le rinçage et le séchage, appliquer un produit « polish » (style Belgom Polish) qui efface les micro-rayures et laissera une pellicule empêchant la saleté de se fixer. Si vous n’avez pas de polish pour auto-moto, la cire d’abeille fait plutôt bien l’affaire.
Certains étalent du WD40 (voir plus loin) ou de la cire pour bois, cette dernière étant hélas grasse et odorante.
Si votre moto est à transmission par chaîne, n’oubliez jamais de la graisser après chaque lavage.
Tous les trois mois, il est bon de traiter les parties peintes avec une cire brillante. Non seulement leur éclat sera plus vif, mais cette cire est un bon préventif contre la rouille. Toute trace de cette dernière révélée par le nettoyage doit être traitée sans délai, au moyen d’une brosse métallique rotative ou à main ou par ponçage au papier abrasif, à sec ou à l’eau.
Quels produits utiliser ?
Il ne s’agit pas de condamner l’ensemble des produits conçus spécifiquement pour l’auto ou la moto, mais force est de dire qu’ils sont chers et ont une durée de vie limitée.
Utiliser des produits ménagers généraux, beaucoup moins onéreux, permet de réaliser des économies substantielles, surtout si vous lavez souvent votre machine.
Mais attention : s’il existe des produits spécifiques pour la moto, ce n’est pas pour rien… Certains produits « spécial moto » sont clairement plus efficaces, moins corrosifs, moins agressifs avec les peintures et/ou les métaux et/ou plastiques employés dans la construction moto et pas ailleurs.
L’efficacité des produits de lavage dépend beaucoup de la manière de les appliquer et de leur concentration.
Les produits ménagers, peu agressifs, doivent presque tous être utilisés purs si on désire un minimum de résultat.
L’idéal est de les pulvériser, sauf que la plupart d’entre eux sont conditionnés en flacon. Il faut alors récupérer un pulvérisateur de produits pour vitres, vide évidemment…
Nettoyage rapide vite fait.
De l’eau chaude et un détergent, tel qu’un produit à vaisselle ou du nettoyant multi-usages, suffisent à nettoyer la majeure partie de la moto.
Sur une éponge avec un peu d’eau, le bon vieux salon de Marseille nettoie bien les plastiques, les jantes et le métal peint, sans laisser de traces.
Sur les surfaces que vous ne pouvez pas atteindre facilement, employez du vinaigre d’alcool dilué à 50% et versé dans un pulvérisateur.
Pour démoustiquer le carénage.
Il existe plusieurs possibilités pour enlever les cadavres d’insectes avant de laver.
Appliquer de vieux journaux bien détrempés au préalable et laisser agir pendant 30 minutes (à l’ombre), ils vont humidifier les cadavres de bestioles, il suffit ensuite de passer un coup de jet ou d’éponge ;
frotter à l’eau chaude avec un vieux collant – ou un bas – en nylon à enfiler autour une éponge (demandez avant à votre compagne afin d’être sûr ET CERTAIN qu’elle ne l’utilise plus).
Il existe aussi de bons produits spécifiques pour démoustiquer une moto.
Nettoyer les autres parties de la moto.
Tous les moteurs ont tendance à fuir, même les plus modernes.
Les reniflards refoulent toujours un peu d’huile sur les carters et sur les parties avoisinant le cadre. De même, l’huile ou la graisse de la chaîne de transmission est projetée sur la roue arrière, y collant toutes sortes de poussières et de saletés provenant de la route. Quant à la poussière émise par les freins à disque, elle recouvre aussi rapidement les roues.
De l’eau chaude additionnée d’un puissant détergent ne suffit pas à éliminer ces dépôts. Il faut utiliser un dégraissant spécifique pour en venir à bout.
On trouve divers types de dégraissants dans le commerce et la plupart d’entre eux sont solubles à l’eau. Si vous ne voulez pas vous encombrer de bassines et de pinceaux, ces produits sont également disponibles en bombes aérosols. Si cette présentation est plus chère, les bombes sont d’un emploi plus facile et elles permettent d’atteindre les recoins les moins accessibles.
Suivez le mode d’emploi du fabricant et laissez au produit le temps d’attaquer et de dissoudre complètement les saletés avant de rincer à l’eau froide. Les dépôts les plus durs doivent être imbibés de produit, attaqués au moyen de brosses, puis chassés au jet d’eau.
Pour dégraisser les parties moteur, enlever l’huile, l’essence et le goudron, les semelles fondues sur les pots, les coulures de vieiles huiles…
Le pétrole désaromatisé ou l’essence F (vendus en magasins de bricolage) font très bien l’affaire.
La pierre d’argile, mélangée avec un peu d’eau, dégraisse bien les parties métalliques, mais à éviter sur les plastiques ou le métal peint.
Pour une meilleure efficacité, appliquer le dégraissant avec un tampon Jex en laine d’acier, sans trop appuyer: même s’il ne raye pas, le frottement use le vernis.
Pour dissoudre les graisses et suies calcinées sur les pièces en acier (pots d’échappement chromés ou inox)
Employer de la soude caustique, le composant des bombes à décaper les fours et les plaques vitro-céramique (genre Décap’Four).
Attention à vous protéger la peau et les yeux quand vous l’utilisez ! Et rincez assez vite car la soude attaque aussi les peintures et l’aluminium.
Autre solution pour les taches grasses: le WD40, un dégrippant industriel sans silicone pour lubrifier / décoincer / déshumidifier, mais qui peut aussi servir pour nettoyer.
Il agit aussi sur la colle restant après le décollage des autocollants.
Il peut également être appliqué sur le carénage et le réservoir pour former une pellicule de protection. Dans ce cas, le pulvériser sur un mouchoir ou un chiffon, et non directement sur le carénage.
En remplacement pour cet usage, il est possible d’utiliser un rénovateur plastique pour tableaux de bord de voitures.
Pour les chromes.
Pour un simple entretien rapide, du savon de Marseille, appliqué à l’éponge, au chiffon humide ou avec de la paille de fer très fine « 000″, type « Rénov’Bois ».
Si vous pouvez vous en passer, n’employez pas de produit à polir les chromes qui contiennent souvent des abrasifs ou des agents chimiques.
Le brillant est obtenu par enlèvement d’une imperceptible couche de chrome de la zone polie. L’eau savonneuse est encore le meilleur produit à utiliser et il ne faut recourir au polish que pour éliminer les traces de corrosion des parties chromées ou lorsque celles-ci ont terni.
Si vous devez y recourir, ce sera soit du Belgom Chromes (attention, ne pas mettre du Belgom Alu sur les chromes, ça les raye), soit de l’Elféchrome, en frottant fort.
A appliquer au chiffon coton, ou avec de la paille de fer très fine « 000″ type « Rénov’Bois ».
Recettes de grand-mère: le liquide vaisselle appliqué pur au chiffon et enlevé sans rinçage au chiffon sec donne un résultat correct et pas cher.
Autre « truc » de vieux trappeur, récupérer de la cendre de cigarette et frotter les chromes avec…
Pour les non-fumeurs, utiliser une pâte à base de blanc d’Espagne, diluée dans une cuillerée d’alcool à brûler. Bien l’étaler sur la partie à nettoyer, laisser sécher, faire briller à l’aide d’une peau de chamois.
Un produit bien spécifique mais traditionnel : la Pierre Idéale, « nettoyant universel à base d’argile ». Puis appliquer un produit d’entretien pour chromes.
Fonctionne aussi sur les pots d’échappement en inox.
Produit ménager de remplacement avantageux (si vous en trouvez) : le produit pour inox et chromes, de Beckmann. Il faut l’agiter longtemps et l’appliquer avec un chiffon légèrement humide. Très efficace aussi comme polish sur toutes surfaces plastiques (sauf les bulles) car il contient une cire qui crée une pellicule protectrice. En plus, il est biodégradable à 99% et hypo-allergénique.
Si votre pot d’échappement n’est pas chromé, vous pouvez utiliser des produits pour peintures au silicone ou au téflon. Attention, cela signifie que vous aurez alors du mal à les repeindre.
Petit détail sur les chromes : pensez toujours à essuyer vos chromes après lavage, ne les laissez jamais humides !
Le chrome et l’eau créent un phénomène diélectrique qui provoque une concentration de l’eau et donc la formation de très petites gouttes.
Ce sont ces très petites gouttes avec ce phénomène électrique qui provoquent l’attaque « électrique » du chrome, puis l’apparition de rouille car il n’y a plus de chrome, donc plus de protection. Depuis ce petit point, la rouille mangera tout.
Il suffit pour éviter ce phénomène de bien sécher avec un chiffon (idéalement peau de chamois, mais pas une synthétique ou micro-billes).
Si jamais c’est arrivé, employer du nettoyant cuivre (style Mirror) à appliquer comme un polish pour enlever les taches et les traces de rouille superficielles, rénover les chromes et leur redonner de la brillance.
Pour les alliages légers et les parties en aluminium.
La majeure partie des pièces en alliage d’aluminium de votre moto ont reçu d’origine une couche de laque. D’autres pièces, en revanche, ont été laissées brutes de polissage et il faut les repolir de temps en temps afin d’éliminer la corrosion qui prend la forme d’une granulation de la surface rugueuse au toucher.
Pour un entretien régulier, utiliser du Mirror.
Un produit à chrome légèrement abrasif convient très bien pour enlever la corrosion et donner un bel éclat, mais si l’alliage est profondément attaqué, un produit plus abrasif (Belgom Alu) est nécessaire.
Si les parties peintes commencent à se détériorer, c’est que la laque se détache et que le métal est exposé aux attaques extérieures. Dans ce cas, il faut éliminer la peinture avec un solvant spécial en évitant de s’en mettre sur les mains ou dans les yeux et même en évitant toute coulure ou projection sur d’autres parties de la moto. Après rincage, polissez la zone avec un abrasif léger et si cette zone est étendue, employez si possible un tampon monté sur une perceuse électrique. Lorsque la surface est nette, relaquez-la, soit au pinceau, soit à la bombe en utilisant une laque résistant aux agents chimiques environnants ou à la chaleur, notamment dans le cas du moteur.
Faute d’un entretien fréquent, le chrome devient vite sale et terne superficiellement, ce qui déprécie nettement une moto. Cette remarque s’applique encore plus aux carters en alliage léger.
Maintenant à toi de jouer…